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Conférence Bukavu 2012 - Rapport

RAPPORT DE LA CONFERENCE INTERNATIONALE

SUR

LA GOUVERNANCE DES RESSOURCES NATURELLES COLLECTIVES

Opportunités, défis et perspectives

Bukavu (Rép.Dém.du Congo)


Résumé

Du 6 au 8 février 2012, il s’est tenu à l’Hôtel Horizon de Bukavu, une conférence Internationale sur la gouvernance des ressources naturelles. L’idée principale était de lancer un dialogue régional autour de la gouvernance des ressources naturelles, dans le contexte post-conflits. Cette activité s’inscrit dans la cadre du projet intitulé : « Promouvoir des approches participatives multi-institutionnelles pour la bonne gouvernance des ressources naturelles collectives dans les sociétés post-conflits des grands Lacs en Afrique », réalisé au Burundi et en RDC (Sud-Kivu) depuis 2009 et conduit par ADISCO et la Plate-forme DIOBASS au Kivu, avec la collaboration de différentes institutions de recherche et d’enseignement de la région.

Près de 120 participants issus des milieux diversifiés (recherche scientifique, enseignement universitaire, politiques, chefs coutumiers, organisations paysannes, ONG, médias…) en provenance des pays africains, mais aussi d’Europe et d’Asie ont échangé autour des 3 thématiques principales à savoir :

-La Participation communautaire et la Gouvernance des ressources naturelles collectives

-Les Innovations technologiques pour une meilleure incitation à la bonne gouvernance des ressources naturelles

-La Conservation des ressources naturelles

Cet événement a été ponctué par 4 moments forts, à savoir :

  • Des communications réalisées par une vingtaine des participants autour de leurs expériences, les uns à partir des recherches conduites dans le cadre du présent projet, les autres sur la base des recherches menées dans d’autres milieux

  • Une conférence paysanne, espace aménagé par l’organisation de la conférence pour donner la parole aux acteurs à la base ayant participé au processus qui a conduit ce projet afin de partager leurs avancées, mais aussi les obstacles rencontrés ainsi que leur vision pour la suite

  • Une table ronde politique qui a permis aux représentants des différentes couches sociales représentées dans la conférence, à savoir, responsables politiques, chefs coutumiers, députés, membres de la société civile, entreprises privées, d’aborder des questions de fond, en lieu avec la gouvernance des ressources naturelles sous forme de Panel de discussion.

  • Une visite de terrain qui a conduit les participants à visiter certains sites du projet en RDC mais aussi de se rendre compte du potentiel de recherche agricole dans la région, avec ses forces et ses faiblesses.


Des échanges ont été fort intéressants et ont tourné autour des points suivants :

  • Le renforcement des approches multi-institutionnelles et des politiques favorables à la bonne gouvernance des ressources naturelles collectives

  • L’accès, la sécurisation et la gestion des terres collectives ;

  • Le processus de réhabilitation environnementale et la réduction de la pauvreté, à travers la démarche de recherche-action participative, dans un contexte post-conflits.

  • L’harmonisation de différents instruments juridiques relatifs à la bonne gestion des ressources naturelles

  • La mise sur pied des politiques garantissant la sécurité et la stabilité politique pour faciliter la gouvernance de ressources naturelles collectives.

  • Les approches participatives développées pour assurer l’implication des communautés pour la gestion, la conservation des écosystèmes fragiles

Un certain nombre d’observations ont été ressorties comme avancées à retenir dans le processus mis en place dans le cadre du projet susmentionné :

  • La mise en place des Comités de gouvernance des ressources naturelles (CGRN), espaces multi-acteurs à la base ayant permis de définir des modes de gestion collective des ressources.

  • L’apprentissage participatif de la démarche de recherche-action autour des thèmes techniques et sociaux variés, impliquant chercheurs et autres acteurs

  • L’établissement d’un dialogue politique autour des questions de gestion des terres et des boisements collectifs ayant abouti à la redéfinition des modes de gestion de ceux-ci dans certains sites du projet

  • La conduite de certaines recherches scientifiques ayant permis des adaptations des innovations technologiques en phase avec les différentes préoccupations des zones du projet.

Les principaux résultats de cette conférence auront été :

  • La reconnaissance des CGRN comme stratégie de participation de toutes les couches sociales et outils de plaidoyer pour la gestion des ressources naturelles collectives

  • Le développement des échanges entre acteurs autour des initiatives qui se développent dans la sous-région et leur engagement à les poursuivre dans l’après conférence

  • L’engagement des autorités politiques concrétisé par leur participation pendant toute la durée de la conférence, y compris pour les visites de terrain et les travaux des groupes

  • La preuve d’une collaboration réussie grâce à un modèle institutionnel atypique entre organisations de la société civile et recherche scientifique, à travers la méthodologie de recherche-action. En effet, il n’y a pas des spectateurs d’un côté et des chercheurs de l’autre

  • L’intérêt des participants autour de la thématique a été manifeste. Elle s’est traduite non seulement par la participation aux activités, mais aussi par la richesse des recommandations qui ont été proposées pour poursuivre la recherche et l’approfondissement de questions techniques et institutionnelles.


  1. BREF APERCU SUR LE PROJET

La région des grands lacs africains a traversé une longue période de conflits armés qui ont négativement affecté la gestion des ressources naturelles. En particulier, les ressources naturelles collectives ont subi des dégradations et déprédations sans précédent et les institutions étatiques en charge de la gouvernance des ressources naturelles ont été tellement affaiblies qu’elles n’ont pas efficacement joué leurs rôles. Ainsi, les contraintes liées à une démographie galopante avec comme corollaire une demande très élevée en Ressources naturelles vitales ont amené les populations à prendre conscience de la nécessité de leur engagement collectif pour une gestion efficace de l’environnement dans la vision primaire de satisfaction de leurs besoins de base.

Face à ce défi, les organisations non gouvernementales ADISCO (Burundi) et DIOBASS (RD. Congo), en collaboration avec les institutions universitaires et de recherche du Sud-Kivu et du Burundi, ont accompagné des initiatives de gouvernance des ressources naturelles collectives, avec l’appui financier du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI).

Ces deux organisations ont ainsi développé et expérimenté, durant trois années (de 2009 à 2012), une approche multi-institutionnelle et une démarche de recherche-action participative pour la restauration et la réhabilitation des ressources naturelles collectives, dans les sites à écosystèmes fragiles du Burundi et de la RD.Congo.

Ces activités ont été menées dans le cadre d’un projet intitulé « promouvoir des approches participatives multi-institutionnelles pour la bonne gouvernance des ressources naturelles collectives dans les sociétés post-conflits des grands lacs en Afrique ». L’Organisation d’une conférence Internationale sur la Gouvernance des ressources naturelles a été un des produits finaux de ce projet.

Ainsi, partant des résultats obtenus dans le cadre du projet par les deux organisations et des expériences des autres participants venus d’ailleurs, la conférence a été une occasion offerte aux scientifiques, professionnels de développement, organisations de la société civile, communautés locales et décideurs politiques, pour échanger sur des questions concrètes relatives à la réduction de la pauvreté dans le monde rural au travers la bonne gouvernance des ressources naturelles collectives dans un contexte post-conflits.

De plus, la conférence a permis aux paysans, membres des Comités de Gouvernance des Ressources Naturelles (CGRN) au niveau de la base, de faire entendre leur voix auprès des décideurs politiques et en présence des autres acteurs du secteur.

Le Comité organisateur exprime ses sincères remerciements au Centre de Recherche et de Développement International (CRDI), à l’Agence Universitaire de la Francophonie, la GIZ pour avoir accepté de financer ces cette conférence, ainsi qu’aux participants qui ont accepté de contribuer matériellement et techniquement pour la réussite des événements.


  1. OBJECTIFS DE LA CONFERENCE


La conférence visait à offrir aux scientifiques, professionnels de développement, organisations de la société civile, communautés locales, et particulièrement aux décideurs politiques une occasion d’échange sur des thèmes concrets de réduction de la pauvreté rurale avec un lien sur la gestion des ressources naturelles collectives dans un contexte post-conflits.


Elle voulait aussi confronter les expériences du projet avec d’autres expériences et d’enrichir ainsi la méthodologie et les outils de recherche.

Cette conférence était aussi une opportunité pour l’expression du monde rural sur des expériences pratiques, mais aussi de partage des leçons tirées à travers la démarche de recherche-action participative engagée pour la réhabilitation environnementale et la réduction de la pauvreté, dans un contexte post-conflits.


Les acquis de cette conférence devaient également permettre de renforcer les capacités de participation communautaire pour une gestion durable de l’environnement, particulièrement dans les écosystèmes fragiles.



  1. DEROULEMENT ET PARTICIPANTS

La conférence a eu lieu à Bukavu, dans l’enceinte de l’Hôtel Horizon du lundi 06 février au mercredi 08 février 2012. Près de 150 participants venus du Burundi, de la RD.Congo, du Cameroun, du Kenya, de l’Afrique du Sud, de la Belgique, de l’Allemagne, du Canada et de la Corée du Sud.

Il s’agit de chercheurs, étudiants, décideurs politiques, chefs coutumiers, journalistes, paysans et animateurs des ONGs locales et internationales concernés et/ou intéressés par la question de gouvernance et gestion des ressources naturelles

Sur les 60 abstracts reçus, 25 ont fait l’objet d’une présentation orale.


Figure 1 : Photo de famille

  1. APPROCHE METHODOLOGIQUE

Les outils pédagogiques ont été préparés et distribués par la logistique. Les kits étaient constitués chacun d’un sac contenant le badge, un carnet de notes, un stylo, un document des résumés des communications, le programme de la conférence, une première version du rapport illustré du projet, la carte de la ville de Bukavu,



un calendrier illustratif des activités du projet ainsi que différentes notes ou documents constituant des résultats de la recherche-action ou illustrant des succès réalisés dans le cadre du projet « Promouvoir des approches participatives multi-institutionnelles pour la bonne gouvernance des ressources naturelles collectives dans les sociétés post-conflits des grands Lacs en Afrique ».


La conférence s’est déroulée en français, en prenant soin que les participants non francophones puissent trouver une traduction de proximité. Des interventions ont été minutieusement rangées en fonction des axes thématiques définies.

Des modérateurs bien outillés ont conduit les débats durant les trois journées.

Les paysans se sont exprimés même en langues locales (le Kiswahili et le Kirundi) et des interprètes ont aidé pour la traduction.

La conférence inaugurale a été présentée par René Ngongo, Lauréat congolais du prix Nobel alternatif 2009 pour la Conservation. Cependant, chaque session était introduite par une communication introductive du keynote speaker.

Les exposés étaient alternés par des moments de pause-café et des repas permettant aux participants de se connaître mutuellement et de faire des échanges.

Enfin, 5 groupes ont été constitués pour les travaux en carrefour ce qui a permis de formuler, en fonction de la demande, des recommandations présentées en annexe du présent rapport.

Pour les sorties sur le terrain, les participants ont été repartis dans les différents sites du projet en RDC constituant les différents axes.

Comme prévu dans le programme, la conférence a été subdivisée en 3 moments forts ayant permis aux 3 catégories d’acteurs de s’exprimer. C’est cela qui a d’ailleurs constitué l’originalité de cette dernière :


  • Des exposés classiques suivis des débats

ont été présentés par les acteurs à la charnière (cfr photo ci-contre) c’est-à-dire

les chercheurs, les acteurs de développement, les animateurs des institutions en charge de la protection de l’environnement, les représentants des organisations internationales et nationales,…


  • Une conférence paysanne a été animée par les acteurs à la base c’est-à-dire les paysans de deux pays représentant les CGRN. Celle-ci a été appuyée par une visite sur le terrain (visite des sites du projet) et un film illustrant les différentes activités réalisées dans le cadre de ce projet. Ce fut donc une occasion unique pour donner la parole aux bénéficiaires directs de l’action du projet ;


Cet atelier a été une opportunité offerte aux paysans du Burundi et de la RD.Congo de s’exprimer en toutes langues pour traduire leurs sentiments en rapports avec la gestion des ressources naturelles dans le contexte post-conflits.

Les expériences de terrain, les réalisations à travers des actions collectives, les éléments de plaidoyer ont été élucidés par les acteurs à la base.

Le dialogue paysan visait aussi à ouvrir de nouvelles pistes de recherches scientifiques et élucider le rôle et la place de la société civile et des institutions étatiques dans la gouvernance environnementale, ouvrant les échanges de la table ronde politique.


Que peut-on retenir de cette table ronde :

  • Les CGRN ont besoin de se coaliser en réseaux solidement ancrés dans la communauté en vue de mettre en place un mouvement paysan crédible, représentatif, solidaire, dynamique et autonome pour la gouvernance durable des ressources naturelles collectives.

  • L’institutionnalisation des CGRN en tant qu’outil de bonne gouvernance et reconnu en tant que tel.

  • Les CGRN sollicitent encore l’accompagnement technique et matériel sur une période d’au moins deux ans.

  • L’accompagnement des filières économiques incitatrices d’une forte participation communautaire dans la gestion des ressources naturelles ainsi que la structuration et la recherche des marchés

  • La modélisation du CGRN pour une application nationale dans la gouvernance parfaite.

  • Légalisation des CGRN et les conventions collectives pour leur donner la force obligatoire à l’égard de tous

Une table ronde politique : animée par une journaliste de renon international, Collette Braeckmann (voir ci-dessous). Avec la participation active des autorités politiques du Burundi (le représentant du ministre burundais de l’Environnement et le président d’ADISCO) et de la RDC (le gouverneur de la province du Sud-Kivu, les députés provinciaux et les chefs coutumiers ainsi que les représentants de la société civile et des sociétés minières, celle-ci a donc permis de mettre face à face tous les acteurs impliqués dans la gouvernance des ressources naturelles.


Par cet atelier le monde politique a été mis en exergue, s’exprimant autour des défis, des opportunités et à gérer dans le processus de bonne gouvernance environnementale en phase post-conflits, mettant en lien le développement durable et les innovations locales pour la sécurité environnementale.

La Table ronde a été un moment chaud de l’atelier qui a été conçu pour laisser entendre les décideurs politiques, les chefs coutumiers, les secteurs privés autour de la gestion des ressources naturelles collectives. Monsieur le gouverneur de la province du Sud-Kivu s’est fait accompagné de certains de ses ministres provinciaux, le Conseiller du Ministère burundais en charge de l’Environnement, les eaux et forêts, les chefs coutumiers (Bami), le secteur privé (représenté par BANRO) , un député provincial et un membre de la société civile, voilà à quoi ressemblait le Panel.

Il en est ressorti des inputs suivants :

  • Le besoin accru de concilier les approches de participation communautaire axées sur les CGRN avec les efforts des services de l’Etat pour une durabilité des actions

  • Le rôle et la place de l’Etat dans la gestion des ressources naturelle doit être redéfini et orientée dans le plan de développement global

  • De la mise sur pied d’une politique garantissant la sécurité et la stabilité politique favorable à la bonne gouvernance de ressources naturelles collectives

  1. VISITE DE TERRAIN

AXE : NYANGEZI REBOISEMENT

Le groupe a visité le reboisement du mont Bangwe initié par le Comité de gestion de ressources naturelles (CGRN) de Nyangezi



AXE : IKOMA

Les participants ont visité les aménagements agricoles sur les terres collectives de Ikoma. Ce sont des terres octroyées à la population par le Mwami de Ngweshe et dont la gestion est collective.


AXE : NYANGEZI MARAIS

Les participants ont visité les marais Kanyantende de Nyangezi qui a a été aménagé par le CGRN à travers le projet de Bonne gouvernance



AXE : KALAMBO-INERA

Ce groupe a visité les activités de l’INERA Mulungu en matière dans son Unité de Gestion et Conservation des Ressources Naturelles , mais aussi le nouveau Centre du CIALCA à Kalambo et INERA








  1. CONTENU SOMMAIRE DES ATELIERS


  • ATELIER A:

Participation communautaire et Gouvernances des ressources naturelles collectives

Innovations technologiques pour une meilleure incitation à la bonne gouvernance des ressources naturelles

Conservation des ressources naturelles


Les sujets abordés dans cet atelier ont été focalisés sur l'importance de la participation et les mécanismes communautaires favorables au processus de changement environnemental, en relation avec le partenariat régional, la promotion du leadership communautaire pour une bonne gouvernance environnemental, des Modèles institutionnels de gestion collaborative des ressources naturelles collectives.



  • ATELIER B: Innovations technologiques pour une meilleure incitation à la bonne gouvernance des ressources naturelles


Il se focalisait sur la description des stratégies efficaces pour mobiliser davantage les communautés disloquées pour un regroupement favorable à la protection et la conservation des ressources naturelles collectives.


  • ATELIER C: Conservation des ressources naturelles


Il s’agissait de définir toute la problématique de gestion des ressources naturelles en phase post-conflits, en insinuant le rôle et la place des politiques nationales et /ou régionales favorisant la viabilité environnementale pour le bien-être de tous. L’attention était focalisée sur l’impact de la décentralisation sur la gouvernance des ressources naturelles dans les sociétés post-conflits.


Les résumés des différentes communications sont rassemblés dans un document ad hoc et les principales recommandations en lien avec chacun de ces thèmes sont synthétisées dans les pages qui suivent.


  1. LES RESULTATS DE LA CONFERENCE


  1. Un intérêt autour de la consolidation des CGRN comme outil d’appui à la gouvernance

Le processus de mise en place des Comités de Gouvernance des Ressources Naturelles a été fort apprécié par les participants à cette conférence. Au regard de l’expression des membres des ces comités et des enjeux discutés tant sur le plan local, provincial, national et global, ces cadres doivent être consolidés afin qu’ils jouent réellement leur rôle. Cet intérêt é été perçu non seulement par les membres des CGRN, mais aussi par les participants comme outils d’appui à la décentralisation tel que le décrit la journaliste Colette Braeckman dans un article publié sur son blog à l’annexe 4.

  1. Des thèmes de recherche à approfondir

Beaucoup de questions méritent encore d’être approfondies dans l’accompagnement de ce processus. En effet, malgré les résultats appréciables sur un temps fort réduit, il est nécessaire de continuer les réflexions sur les conditions de durabilité de ce mécanisme, sur la possibilité de porter à échelle les résultats obtenus au niveau des villages, sur l’implication des jeunes,…

  1. Un engagement des politiques dans les initiatives à la base


Que ce soit au Burundi ou en RDC, les autorités politiques sont motivées par l’idée d’instaurer ce dialogue entre les couches sociales pour favoriser l’échange d’information et faciliter ainsi la participation de tous à la prise des décisions à différents niveaux. Ceci ouvre la voie à la discussion avec des instances plus élevées sur des questions auxquelles les comités de gouvernances n’ont pas eu des solutions jusque-là.

L’intérêt des autorités coutumières a aussi été fortement marqué. On note par exemple la demande formelle du chef traditionnel de Kabare qui a introduit une requête dans la foulée de la conférence afin que de nouveaux CGRN soient établis dans sa chefferie comme modèles de gouvernance et que ses agents techniques soient formés à la recherche-action.


  1. Une possibilité de collaboration Sud-Sud afin de consolider la dynamique de participation communautaire

Des acteurs se sont découvert et ont émis les vœux de renforcer leur collaboration, notamment entre ceux de la société civile des différents (ex RDC et Afrique du Sud, Membres des CGRN Burundais et Congolais), mais aussi ceux de la recherche. L’idée de poursuivre les discussions autour des thèmes d’intérêt commun a été formalisée à travers des notes d’intention élaborées pour travailler autour des thèmes comme la sécurité et la souveraineté alimentaire, le renforcement du plaidoyer,…

  1. Des opportunités de coopération à saisir grâce à l’intérêt exprimé des acteurs – PNKB, GIZ, COMIFAC, (Commission des Forêts d’Afrique Centrale)


La conférence a également été une opportunité d’information pour comprendre quelles étaient les initiatives en cours dans la sous-région et les coopérations qui pouvaient se construire avec les dynamiques induites dans le cadre de ce projet.

Ainsi par exemple, les perspectives qu’offre le programme Biodiversité et Forets (PBF) de la GIZ pour la province du Sud-Kivu (Appui à la mise en place d’une filière bois énergie pour le ravitaillement de la ville de Bukavu en bois énergie, Appui à la gestion du PNKB, Appui à l’élaboration d’un Programme Provinciale Environnement, Forêt, Eau et Biodiversité, Appui à l’analyse du fonctionnement des structures étatiques dans le domaine de l’environnement en vue d’un renforcement des capacités, Appui à la mise en œuvre d’intégration des interventions dans le contexte du changement climatique « REDD+ ») est à saisir pour renforcer la dynamique des CGRN.

Il en est de même de la COMIFAC qui présente un énorme potentiel de collaboration à travers les expériences développées dans les pays de la sous-région Afrique Centrale.

  1. Des collaborations à consolider entre initiatives en cours dans la région (CCC, Forets modèles,

Les communications présentées ont montré qu’il existait diverses formes d’espaces de participation communautaire dans la région, avec chacune sa spécificité. Tous gagneraient à coopérer afin d’échanger les expériences et d’apprendre des erreurs du passées. La mise en place des forêts Modèles promues par le Réseau Africain des Forets Modèles ou encore les Comités de Conservation Communautaires (CCC) développé autour du Parc National de Kahuzi Biega (RDC) en sont des exemples.

  1. Des initiatives régionales à développer

La coalition des partenaires pour l’harmonisation des politiques et la synergie des actions cohérentes dans le cadre des partenariats formels ou volontaires pour la gestion des ressources naturelles nationales, transfrontalières doit être renforcée là ou elle existe (tel le cas de ce projet) ou développée autour des ressources naturelles collectives transfrontalières qui n’en font pas l’objet à ce jour.

  1. Des incitations économiques saines comme motivation à la bonne gestion des ressources naturelles collectives existent et devraient être mieux connues et disséminées

Il ressort de ces échanges que les pratiques de Gestion intégrées de fertilité de sol et le développement de l’entreprenariat local basé sur les ressources naturelles conservées, mais aussi d’autres technologies agricoles économiquement porteuses, peuvent être développées et contribuer non seulement à mieux gérer les écosystèmes, à améliorer la sécurité alimentaire des ménages à et générer des revenus.

  1. SYNTHESE DES RECOMANDATIONS

Les recommandations suivantes ont été retenues :

  1. Que les pouvoirs public et coutumier appuient et accompagnent les organisations de la société civile et les paysans dans le processus de la mise sur pied d’un nouveau modèle de gestion des ressources naturelles collectives en garantissant la stabilité politique, la sécurité et l’accès des paysans à la terre;


  1. Que le pouvoir public capitalise les acquis de cette conférence pour mettre sur pied une politique efficace de gouvernance des ressources naturelles collectives dans la région des pays de grands lacs africains

  2. Que les organisation de la société civile et les services publics intensifient le processus de sensibilisation, d’information et de formation de toutes les couches sociales sur la gouvernance des ressources naturelles collectives pour garantir la protection de la biodiversité ;

  3. Que la synergie scientifiques – acteurs sociaux – regroupements paysans continue pour une intervention collective et harmonisée dans la gouvernance des ressources naturelles collectives ;

  4. Que les Etats de la région assument leur rôle régalien pour garantir l’équité, la justice distributive et la sécurité des terres paysannes.

  5. Collaboration pour une meilleure gestion des ressources naturelles transfrontalières

  6. Valorisation des Innovations technologiques favorables à la meilleure gestion des ressources naturelles et aux changements climatiques

  7. Formation des acteurs dans la démarche de recherche action:


  1. CONCLUSION

Cette conférence se proposait d’offrir un cadre d’échange, un espace de dialogue et d’enrichissement mutuel, une tribune d’expression des différents acteurs sur leurs pratiques avec comme porte d’entrée, les acquis de ce projet conduit au Burundi et en RDC, avec l’appui du CRDI.

Elle aura donc été un moment important dans la vie de ce projet en ce qu’elle aura tenu ses promesses à voir le nombre des participants, leurs origines, la qualité des échanges et l’assiduité de ceux-ci,… qui n’ont laissé trainer aucun doute sur l’intérêt de cette activité.


La conférence visait à offrir aux scientifiques, professionnels de développement, organisations de la société civile, communautés locales, et particulièrement aux décideurs politiques une interaction sur des thèmes concrets en lien avec la gouvernance des ressources naturelles collectives dans un contexte post-conflits.


Qu’il s’agisse de la participation communautaire et la gouvernance des ressources naturelles collectives, des innovations technologiques qui peuvent susciter les paysans et paysannes pour une meilleure implication dans la gestion durable des ressources naturelles collectives ou encore des enjeux de la conservation et gestion durable des ressources naturelles collectives, de nombreuses idées ont été partagées dont il est difficile de faire une synthèse. En effet, les moments formels et les discussions informels ont tous été mis à contribution.

De nombreux engagements ont également été pris, soit entre groupes sociaux internes au cadre du projet, soit entre institutions ayant les mêmes vocations,…

L’événement a obéit à l’esprit qui a conduit ce projet depuis son début, à savoir la recherche-action : les acteurs d’une Recherche-Action sont en recherche quasi permanente et chaque moment d’arrêt appelle de nouveaux questionnements. Voilà pourquoi de nombreuses questions soulevées nécessitent d’être approfondies à travers des nouveaux dispositifs de recherche que les acteurs voudront bien définir, en fonction de leurs intérêts.